Nourrir ce feu sur la banquise
herzöl (prélude) regardez-nous courir
dans les rues de new york
ne nous demandez pas
vous ne pouvez savoir
comme ceux qui ne voient pas
ne comprendront jamais
la gloire des couchants.
voyez :
nous pouvons voir les yeux fermés.
l’air est clair comme du verre
traversé d’éclairs
ultraviolets.
j’écoute par tes yeux
la lourde chanson du feu
nous léchons patiemment
tous les angles d’un mot
avant de le souffler.
dans ton visage, chaque ombre
marque la promesse
contusionnée
d’un mince berceau.
je
t’aime.
nous sommes faites
des mêmes briques.
calcination sens dessus dessous en flamme enflammée
dans le feu que j’ai moi-même allumé
en direct du paradis tes yeux se retournent
un dernier mot avant de cristalliser
tu dis comme un autocollant
on t’a pelée lentement de la surface du monde
seule dans l’étendue de papier brillant
tout est vrai et chaque reflet est différent.
aube gelée, un glacis rose au dessus des rails
des mantras menteurs s’entrechoquent, glacés
reste libre reste libre reste libre reste libre
tu cours sur les traverses dans le soleil levant
j’ai vu un matin tes yeux si transparents
pourquoi serrer mes bras sur ce qui disparaît
tu ne peux pas savoir ce que ca me fait
la folie allume son feu dans ton camp
qu'est-ce qu'il t'est pire de supporter
les lunes pleines et rouges qui s'élèvent
le grincement d'une dent contre ta dent
ou les regards aimants?
je te disais ceci, et comme je le disais
je sentais la magie emporter ta raison
tu ne sais même plus rentrer à la maison
tu vois tout mais ignore ce que nous tous voyons
je sais il y a un pont à l’arrière de ta tête
j’ai vu tes yeux plonger dans la boue des enfers
et je ne sais plus si je te libère
ou si tu t’en vas
la neige te recouvre ; c’est logique finalement
comme une infinité d’hexagones imbriqués
tout l’univers fait sens, et tu l’avais prédit
le monde est un glaçon stérile à six côtés.
légende de la tu t’es réveillé à demi mort
communauté et personne n’osait te dire
de nulle part tu as pris ta main dans ta main
et tu as marché vers le bord
bon dieu !!!!!!!FABIAN
nous vivions en haut d’une falaise.
ce qui s’est passé vraiment:
un seul crépuscule rougeoyant
et la nuit aveugle nous a pris
les quatre mois suivants.
que chacun voie nos vrais visages
fines sculptures blanches tendues de peau
au milieu du tipi est l’âtre:
le feu brûle dans nos têtes pointues
ne laisse pas les jours devenir des années
coucher de soleil dans le sang
ne laisse pas les insectes s’installer
j’enfonce mes yeux dans la poussière
lycanthropie dans les détails
des pleines lunes de cristal
toutes les nuits quand tu te transformes
je rêve que tu dors aussi
je te regarde te battre
tes yeux comme des aiguilles
tu n’as pas dormi, mon cœur
depuis l’été.
j’ai versé ma vie dans la tienne
la neige a fondu mais nous restons les mêmes
déjà depuis quelques semaines
il pleut dans ta tête.
eulogie dors maintenant.
que le calme
bourdonne.
recouvre
quatre années
sans printemps.
une dernière fois
laisse ta peau
fleurir.
repose
tes cils
immobiles
dans tes cernes.
puisses-tu
fondre
ne laisser
que le cœur
brillant comme une étoile,
constant.
prophétie (épilogue) si nous pouvions savoir
qui le charbon qui le diamant
si chaque chose portait son véritable nom
séparer les rivières de poison
de notre sang épais
détacher nos cheveux, que le vent
y fasse son chemin de hasard
des milliers de soleils
se lèveront encore
et nous brûleront plus fort
ta vie, aucun vent ne peut la sécher
mais les tempêtes s’éteignent d’elles-mêmes
et la terre séchera, mon amour
jusqu’à que l’on puisse y marcher
je prendrai ta tête dans ma main
les yeux plissés dans l’atmosphère
on regardera courir le temps
et rien ne sera comme avant.
1 démonstrations d'intérêt:
beau!
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